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Ready to give up



Il se  dit, dans le milieu du Go  que le bon joueur est  celui qui sait  quand il faut abandonner.

Je suis toujours  au bas de cette  montagne  que je croyais pouvoir escalader. J'étais  parvenu presque au sommet,  et  une simple pichenette m'a  renvoyé au sol. Et  pourtant cette ascension m'avait coûté  toute mon énergie pendant 2 ans. Cette  p... de montagne  se dresse  là devant moi, me nargue, le sommet  tant espéré  se perd  maintenant  dans les   nuages.
Il me reste un peu d'ego pour reprendre l'escalade et ne  pas perdre la face, mais aussi  suffisamment de lucidité  pour savoir que c'est perdu d'avance  et qu'en plus je vais me faire  humilier. 
Or si se  faire  écraser au go  est  une chose acceptable, se faire  humilier  dans la vie réelle ne l'est  pas.
Donc me voilà devant un choix de merde : stop ou encore ?  stop à cause de mon niveau  de m.... et tirer un trait sur l'auberge londonienneou encore, à cause des efforts fournis  et parce que l'idée d'abandonner m'est insupportable.   
Il me serait plus facile de ranger la Table,  de profiter  de mon temps libre  pour rattraper mon retard  de lecture, pour sortir au soleil, pour visionner Kaboul Kitchen, pour retravailler la musique comme je l'ai promis à mes professeurs,  pour écrire ou téléphoner à ma famille et  à mes amis, ou pour vivre l'instant  présent tout simplement.
La maison, remplie quelque temps, puis vidée de nouveau pour quelques jours.
 Pour vaincre le silence, j'écoute alternativement  France musique ou BBC 4. Comme j'ignore encore quelle sera ma décision, je commence les choses sans les terminer. 
Ne croyez  pas que je déprime, juste je hais cet été du renoncement, ce faux été  sans golfe ni mer, autrement que sur les  cartes postales et mails des amis.



L'automne  vient  toujours trop tôt... pour moi il est déjà là et je n'aime  pas ça.

photos de mer  de Joe Krapov 

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