Juste une petite série de photos, pour se donner du courage de retourner au travail. Tout d'abord quelques réalisations en chocolat histoire de balayer la dépression qui pourrait pointer son nez.
Et la mer, surtout la mer, bleue ou grise qui va tant me manquer !
A Collioure le 9 septembre prochain avec l'assemblée générale de l'UFML il y aura aussi la mer... mais pas que ... venez !
L'idée de partir en vacances au moment où les autres reviennent est à priori un bon calcul.
En théorie, vous avez plus de mètres carrés de plage pour vous tout seul.
Mais avant d'atteindre la plage méritée et de s'exclamer pour la vingtième fois "homme libre toujours tu chériras la mer !" il a fallu bosser tout l'été même si je ne suis pas du genre cigale.
Du coup, quand arrive le temps de chanter et de danser on se retrouve la veille du départ avec l'énergie d'un mollusque ...
Ces vacances sont méritées, pas tant par le boulot fourni précédemment, que par cet hiver et ce printemps difficiles, et surtout les contraintes administratives repoussées jusqu’à la dernière limite qui m’ont pris tout mon temps libre. J’ai frisé la dépression, j’ai vraiment compris ce qu’était le burn out.
Pourtant j'avais été prévenu : l'art de remplir les formulaires administratifs sur internet n'est pas enseigné en faculté. Rares sont ceux qui en sortent indemnes. L'aide d'employées compatissantes à qui j'exprimais ma détresse face aux éléments déchaînés, m'a évité d'aller m'enchaîner aux grilles des services autrefois publics concernés.
Jusqu'à l'heure précédant mon départ, bagages dans la voiture, j'y étais encore, mettant une dernière touche au bon "37Btiret 6".
Pour me faciliter l'existence, mon ordinateur de voyage avait rendu l'âme et son successeur acheté d'occasion en speed était subclaquant.(et passerait les vacances chez le réparateur).
J'ai donc emporté un vieux clou en priant pour qu'il tienne le coup.
Nous avons enfin pu entrevoir la mer après 2 heures de bouchons ... il était temps de dormir.
Depuis notre arrivée, j'ai enchaîné les siestes, passé des heures à tenter de me connecter (comme les années précédentes) ; lors des pique nique sur la plage, j'ai chopé des coups de soleil et subi des attaques de moustiques...
Je lis, je classe mes photos, je mets de l'ordre dans mes cours d'anglais, j'origamise un peu, tout en écoutant alternativement France musique ou "rires et chansons" (ben oui, chacun sa perversion...)bref, je me traîne...Il me faudrait un mois avec 8 jours de sommeil ... Je n'ai qu'une petite semaine devant moi.
Mais il y a la mer, les amis, le cerf volant qui accepte de s'élever pendant 3 secondes provoquant l'hilarité des spectateurs... Un dernier regard au port, à l'île de Houat, des regrets sur tout ce que je n'ai pas pu faire faute de temps ou à cause de mon état de santé. Fin d'un été de m...
C'est une base de loisirs sans grande originalité, avec un plan d'eau et un camping, comme il en existe un peu partout.
Pour moi et quelques amis (dont quelques confrères) c'est pendant quelques jours le plus bel endroit du monde puisqu'on y pratique le tai chi sous forme de rencontres. Si votre dos se plie correctement, vous y campez dans des conditions pas faciles, avec un nombre limité de sanitaires douteux, une absence d'ombre, une chaleur écrasante rendant tout espoir de sieste illusoire. On ne peut plus se plaindre du bruit : les fiestas sont bien plus réglementées qu'autrefois avec un couvre feu à 22 heures. En fait, quelle que soit l'option choisie, (camping ou hébergement pour petit bourgeois fatigué en gite ) on dort peu, et les réveils à 6 h sont éprouvants surtout que le temps manque pour un café. Le matin, on se traîne aux ateliers : bâton, épée, éventai, tui shou (= poussée des mains en tout genre). Une pause entre les deux ateliers du matin soit au camping soit au bistrot de la base de loisirs mais, horreur, il y a du robusta dans le café. Après le repas, on choisit : sieste ou dégustation de thés fermentés de taiwan ; la théière (qui est un lot pour une tombola) pèse 6kg et contient 10 litres.
C'est sur le terrain "la prairie" qu'ont lieu les démonstrations, certaines sont vraiment belles et impressionnantes. L'après midi se poursuit par le tui shou libre pour ceux qui le souhaitent.
Le tui shou ou poussée des mains ressemble à la fois à une danse et à un combat. Le but, s'il devait y en avoir un, serait de faire perdre l'appui au partenaire(dans la version fixe) ou d'accepter, d'absorber la poussée de l'autre. Toute violence est bien sûr interdite,* (sinon autant prendre une arme...), il faut apprendre à mettre son égo en veilleuse, car dans ce genre de confrontation, même ceux qui affirment ne pas craindre de perdre peuvent être pris au piège. Pratiqué avec des amis, des gens de confiance, ou avec des enseignants, cette activité est un vrai bonheur, souvent des rires fusent de part et d'autre, difficile d'expliquer exactement pourquoi on rit. Une cloche à vache résonne toutes les 10 minutes comme pour un speed dating et on change de partenaire. Cette année, nous fêtions les 30 ans des rencontres Jasnières. Pour cette occasion, des ateliers festifs ont été organisés : les mots, le dessin, et les percussions.
Le samedi soir, Bob et son orchestre nous ont offert un concert mémorable. Le dimanche, la cérémonie de clôture a eu lieu sur la prairie. Chacun de nous portait un chapeau chinois noir ou blanc réversible. Nous avons constitué une double spirale pour dessiner un Yin Yang pendant qu'un drone immortalisait une vidéo du dessin final. A la fin de cette "colonie de vacances pour adultes" nous nous sommes séparés en échangeant nos mails, et en promettant de revenir l'année prochaine, et, comme chaque fois, je rentre crevé et regonflé, heureux et triste à la fois