La première image du pays est cette barrière à la sortie du tunnel faisant écho au double mur de barbelés qui protège le côté français.
Après avoir posé mes bagages, je suis parti pour repérer les lieux, afin de ne pas être en retard à mon rendez vous du lendemain.
Aujourd'hui, "grand jour", je suis assis presque au centre de ce carrefour embouteillé. C'est là que j'ai choisi de prendre mon café du matin, et je suis arrivé avec une bonne heure d'avance. Je n'aurais pas pu choisir plus moche, plus triste que ce bistrot à la croisée des chemins. Mais l'arabica et le croissant sont bons et j'ai une vue imprenable sur l'immeuble où se décidera une partie de mon avenir.
Face à moi le chemin parcouru : la gare et mon hôtel miteux et sympa, et derrière moi, trois voies qui mènent vers la partie de la ville que j'explorerai peut être un jour.
Je n'avais pas les moyens pour un hôtel "normal", j'ai même failli opter pour une place dans un dortoir 20 lits d'une auberge de jeunesse. Et finalement j'ai choisi "la voie du milieu" : une chambre triste et vieillotte dans un hôtel tenu par des indiens : le patron a une mine patibulaire, l'employé, malingre, homme à tout faire me traite comme un roi et insiste pour monter ma valise dans l'escalier étroit.

La chambre donne sur un petit jardin un peu destroy, je n'imaginais pas qu'il restait encore des matelas avec des ressorts qui grincent ; le lavabo a la taille d'une tasse de thé, la clé de la chambre n'est pas rassurante (clé basique type porte de placard) la télé est HS et j'ai du me connecter en douce au WiFi de l'hôtel voisin...
Mais finalement je me plais bien ici : le quartier n'est pas glauque, la gare et la british librairy sont juste à côté. Vivre à deux pas d'une bibliothèque, superbe de surcroît,dans une grande ville suffirait à mon bonheur...(je ne voudrais pas abuser mais les livres sont en anglais ... bon ok je vais m'y faire).
J'aime l'atmosphère de la ville, cet air de liberté, ce calme relatif, étonnant pour une capitale.
Je regarde ces britanniques si différents de nous, il y a tous les stéréotypes, de la punkette aux cheveux mauves et couverte de piercings, au gentleman classe et hautain et toutes les nuances intermédiaires.
Je tends l'oreille pour écouter les conversations de mes voisins, non par curiosité malsaine, mais pour améliorer mon Anglais.
Comment puis je imaginer m'exiler dans un pays où je ne comprends que 10% des conversations ? Pour remonter à un niveau d'anglais acceptable il me faudrait passer ici un bon mois en immersion.
Sans la loi santé je serais ici en simple touriste ; cette nuit, j'ai rêvé que mst, entourée de quatre cerbères, faisait une conférence dans un amphi rempli de médecins ; tous mes confrères se taisaient, presque tous se montraient prêts à rentrer dans le rang ; avant de quitter la salle qui se vidait, j'ai crié "dégage !" vers mst en levant le poing, les gardes du corps de la sinistre m'ont jeté un regard mauvais avant de pousser leur protégée vers la sortie.
J'ai passé 24 heures à flipper pour les originaux de mes diplômes que je dois montrer. Toute ma vie est dans ce rouleau qui contient les parchemins. Pour un peu, je l'aurais scotché sur ma poitrine.
C'est l'heure de mon rendez vous... je traverse le carrefour...

Je tends l'oreille pour écouter les conversations de mes voisins, non par curiosité malsaine, mais pour améliorer mon Anglais.
Comment puis je imaginer m'exiler dans un pays où je ne comprends que 10% des conversations ? Pour remonter à un niveau d'anglais acceptable il me faudrait passer ici un bon mois en immersion.
Sans la loi santé je serais ici en simple touriste ; cette nuit, j'ai rêvé que mst, entourée de quatre cerbères, faisait une conférence dans un amphi rempli de médecins ; tous mes confrères se taisaient, presque tous se montraient prêts à rentrer dans le rang ; avant de quitter la salle qui se vidait, j'ai crié "dégage !" vers mst en levant le poing, les gardes du corps de la sinistre m'ont jeté un regard mauvais avant de pousser leur protégée vers la sortie.
J'ai passé 24 heures à flipper pour les originaux de mes diplômes que je dois montrer. Toute ma vie est dans ce rouleau qui contient les parchemins. Pour un peu, je l'aurais scotché sur ma poitrine.
C'est l'heure de mon rendez vous... je traverse le carrefour...



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