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Noces de perle






Je ne me souviens  pas  du jour exact de ma rencontre  avec Gabrielle.

Elle habitait avec  sa fille, à l'autre  bout de l'hexagone. Pour se  consoler  d'un divorce compliqué, elle venait passer quelques jours  chez sa  soeur, ma voisine. De mon  côté, je commençais à remonter la pente après une séparation quasi muette avec la mère de  mes garçons.
Il y  eut  quelques  sorties communes avec  nos enfants, le zoo, le jardin, la plage...Le soir nous parlions un peu  de nos déboires respectifs avec nos ex, nous nous faisions des  soirées  télé ou cinéma science fiction.
Souvent nous jouions aux  cartes  et  Gabrielle qui  trichait  sans  scrupules, gagnait  à tous les  coups.
Ce n'était  pas un coup de foudre, nous étions  très différents, nous étions simplement amis. 
C'était  le  mois de  mai 88 : je lui ai donné rendez vous   au congrès de la Société Française d'Ophtalmologie.
Après avoir donné procuration pour les  élections  présidentielles  à un ami, j'avais rejoint King Arthur qui acceptait de m'emmener en voiture à la SFO. Nous parlions politique mais moi, je  pensais  bien plus  à Gabrielle qu'à la réélection de  Tonton. 
Je m'angoissais d'avoir donné un RDV en plein palais des  congrès dans un endroit  peu accessible  au  public (à une époque  sans portable...).
La chance a voulu que nous nous trouvions immédiatement  dans la foule compacte  des congressistes  dès mon arrivée en haut de l'escalator. J'ai  immédiatement quitté le congrès et nous sommes partis visiter Paris en (pas encore) amoureux... 
Les amis qui nous hébergeaient à Belleville  sont rentrés tard dans la nuit en hurlant "on a gagné !". Mon seul  micro regret fut mon absence à la réception du congrès, j'aurais aimé voir la mine  dépitée de mes confrères à la proclamation des  résultats. 
Au petit matin, avant l'ouverture du métro, nous avons marché dans Paris vers la gare du nord, en enjambant les canettes et les papiers témoins de la fiesta et en évitant les bagarres entre les derniers noceurs. Les jours suivants, je suis retourné faire  acte  de  présence au congrès, mais je rêvassais en attendant de  revoir Gabrielle.

Nous avons passé une  partie des  vacances  ensemble, puis  est venu l'automne... et une séparation  d'un commun accord.
Pendant  quelques  années, nous nous sommes  revus,de temps à autre,  comme des  amis,  j'avais retrouvé ma liberté de quasi  célibataire, avec un peu de  nostalgie...
Trois ans plus tard, Gabrielle  est venue soutenir  sa mère  lors d'une intervention chirurgicale, j'ai  proposé à Gabrielle la chambre  d'amis... 
C'est à ce moment  qu'elle  a choisi de rester  avec moi.  
Ensemble nous avons  élevé nos enfants, géré leur adolescence, puis nous les avons vus quitter le nid. Comme tous les couples, nous avons partagé  quelques  épreuves,  avons assumé nos divergences et affronté quelques tempêtes.
Ces trente  années  sont passées  tellement vite... 
C'est au moment du congrès de la SFO  que nous fêtons "notre" anniversaire.On ne  peut  pas parler vraiment de "noces  de perle" : nous  avons pour habitude de dire "ça fait trente  ans qu'on n'est  pas mariés" ; trente ans que nous cheminons  ensemble  dans cette "amitié transformée", sereine et heureuse.





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à la porte


 
Pendant  2 ans  j'ai  travaillé  à ce  projet.Quelques voyages à Londres, deux ans d'immersion dans la langue de Shakespeare, deux ans d'espoirs et de confiance  dans mon Anglais littéraire et  mon vocabulaire étendu,  mais aussi   de rage  devant mes  failles difficiles  à combler, deux ans à me demander  si ce beau  projet valait toute cette énergie déployée.
Il y eu et il y a encore, la tentation de  tout lâcher  parce  que je suis  trop vieux , trop  ci et pas assez ça, il y  a même eu les projets de " relooking" parce  que je savais  que donner  le meilleur de  soi même, comme médecin,  ne suffirait certainement  pas : le look  "vieil anar fatigué" ne fait  pas bon ménage  avec l'excellence (sauf  à s'appeler  Albert Einstein). En quittant  les administratifs qui allaient  décider de  mon sort,   je leur avais dit  :" I never  give  up !  " en mettant bien l'accent  sur "never ".Il y  a quelques  mois,  je me suis enfin  trouvé juste  devant la porte, la dernière à passer  ;  elle  allait s'ouvrir, j'avais gagné... J'étais aussi heureux et  fier  que lorsque j'avais franchi le cap du numerus clausus. J'allais enfin pouvoir  me consacrer à la lecture d'articles médicaux en Anglais pour combler  mes  lacunes  et  progresser  efficacement. Nous avons attendu  pour sortir le champagne...Je n'avais  pas  prévu la gaffe  d'un confrère, qui  a tout remis en question. Les cerbères  ont exigé une garantie supplémentaire qui n'était  pas  prévue :  des notes très correctes à  un examen d'Anglais que je  situe bien au dessus de  mon niveau littéraire de traducteur. Cet examen est organisé dans divers  pays d'Europe  : en vain j'ai cherché Paris ou Londres, mais non,  les centres les plus proches  sont en Espagne, Allemagne, ou Hollande...Bien sûr, je vais essayer, je ne vais  pas abandonner, je vais me relever malgré le KO,  mais je sais que cette put... de dernière porte s'est brutalement  éloignée. Restent  quelques points  positifs à cette aventure inachevée : la rencontre  avec mon professeur d'Anglais qui s'est  impliquée  à mes côtés et qui est devenue une amie, le soutien de mes camarades du cours d'Anglais et de mes patients Britanniques  (même si eux qui ont fait le choix de  la France  comprennent  mal  mon désir de  faire le chemin inverse), et aussi ma réconciliation avec  cette langue que j'avais choisi d'oublier et  la découverte  de sa musique  et de sa  beauté.Hélas toutes ces  belles considérations ne me permettront  pas de passer ce p... d'examen  dans le  temps imparti !  Demander  la nationalité de la perfide Albion aurait  probablement  été  moins "parcours du combattant".l'auberge londonienne l'auberge londonienne  (suite encore) l'auberge londonienne suite et fin provisoire
  
 
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