Mes écrits se font rares.
Il se trouve que je bouge pas mal et que tout bouge aussi.
Il y a d'abord la santé de Pa Zigmund, avec frère qui est en première ligne depuis toujours et qui rame...Et pour moi, ce sentiment de culpabilité d'être parti au loin.
J'ai abandonné avec plaisir la marmite sous pression qu'est devenu mon cabinet et tous ces grains de sable qui me minent le moral :
-patients pressés exigeants odieux ou au contraire tellement adorables que je n'ai pas le coeur de les pousser trop vite vers la sortie. Il y a ceux qui me disent qu'ils vont me regretter en me disant au revoir quand nous savons de part et d'autre qu'il s'agit bel et bien d'un adieu.
-Moins grave mais bien minant en vrac :
- la déclaration d'impôts refaite entièrement et revue à la baisse, je suis un sous nanti :-)
- l'aquarium qui ressemble à un égout (on ne voit presque plus les poissons parce que la pompe toute neuve ne pompe rien)
- le refroidissement de mon cabinet du à un oubli de ma part de commander le fuel (moyen habile de vider une salle d'attente... )
Dans l'idée d'une expatriation, conséquence directe de la loi santé et du doc bashing devenu sport national (initié, entre autres par un ex très con pas frère) je cherche un point de chute, hors de ce pays. J'ai tenté d'oublier mon âge et mon anglais devenu approximatif après des années de non pratique. Le pays de Shakespeare me tendrait une main...S'il m'accepte, je donnerai le meilleur de moi même.(je l'ai fait ici jusqu'à présent mais je n'arrive plus à travailler sous les insultes permanentes.)
Il y a longtemps, j'ai subi un exil, infiniment moins traumatisant que celui que vivent des milliers de migrants aujourd'hui. Je vais partir pour un nouvel exil, d'abord linguistique, qui deviendra peut être un exil pur et simple.
La semaine s'est passée dans des avions, des hôtels, j'ai testé des bières inconnues dans des pubs chaleureux, j'ai testé l'English breakfast (le vrai un peu écoeurant), j'ai fait un peu de tourisme, et avant de quitter le pays, j'ai traversé des duty free de ouf, erré à la recherche de ma porte d'embarquement, j'ai du expliquer en Anglais dans le texte aux gars de la sécurité soupçonneux de l'aéroport ce qu'était la mezzouza en métal qui ne quitte jamais mon sac à dos*.
J'irai là où on montrera un minimum de confiance, un minimum de respect pour les soins que j'apporterai à mes patients.
La peur au ventre, mais très déterminé aussi, j'ai mesuré le chemin qu'il me reste à parcourir pour cette dernière aventure professionnelle.
(à suivre)
* athée j'assume pleinement cette contradiction.
24 / 11 Journée des soignants
UFML soutient la mobilisation des IDE le 8/11
Mondes parallèles
Foutez nous la paix laissez nous soigner





